Nos auteurs
Sandor Kélan
Théâtre alité
Passionné par l'oisiveté, mais pas immobile, Sandor fait du théâtre comme d'autres s'amusent à tout casser. Plus utile qu'une barre de fer, mais pas moins dangereux qu'une grenade dégoupillée, son théâtre remue les méninges sans parcimonie. Selon Sandor, L'anticyclone des Açores ne serait plus ce qu'il était... Prêt pour le voyage ?
Jean Dubois
Le capitaine ad hoc
Passionné de bandes dessinées, Jean Dubois sait bien sûr que les chefs d’œuvre du 9e Art sont avant tout des prétextes à mieux comprendre le monde et les Hommes. Une rumeur laisse entendre que Jean Dubois n’existerait pas... Mais plutôt qu'un banal démenti, voici la réponse de l’intéressé.
Frédéric Viguier
Impassible n'est pas français
Frédéric est auteur de romans et de pièces de théâtre. Ses romans ont été publiés chez Albin Michel, au Livre de Poche et aux éditions Plon. En marge de son travail littéraire, il fournit des contenus web pour des sites de gastronomie...
Culmont
Graphiquement vôtre
Culmont dessine aussi bien qu’il écrit, mais pour 7SANS14 il dessine ; ce qui ne l’empêche pas de nous écrire très souvent qu’il a plus d’un projet dans ses cartons...
Docteur Guido
On a marché sur la tête
Le Docteur Guido a fondé sa vocation de chercheur à partir de sa collection de capuchons de couleur. Il a complété sa panoplie d’une blouse blanche en 1977 et d’une calculatrice Casio en 1984. Depuis ? Il cherche à demontrer que e=mc2 n'a pas toujours réponse à tout ; et si vous voulez en savoir plus sur son travail, cliquez ici !
Les interviews de nos auteurs
Un entretien avec le Docteur Guido
Le Docteur Guido nous explique en quoi consiste une Autopsie d’une œuvre
Question : Une Autopsie d’une œuvre et une lecture au scalpel, c’est quoi ?
Réponse : Les autopsies que je mène, à l’égard de quelques chefs-d’œuvre du 9e Art, suit le même processus qu’une autopsie médicale. L’objectif n’est pas de chercher à interpréter psychanalytiquement, psychologiquement ou philosophiquement une œuvre, mais de découvrir les causes de son existence. Le cheminement est donc inverse de celui d’une autopsie médicale classique, qui cherche à découvrir la ou les causes de la mort. Une bande dessinée étant un objet qui n’existe que parce qu’il est lu, c’est-à-dire considéré subjectivement par un lecteur, je ne cherche pas les raisons d’une disparition, mais les causes objectives d’une apparition.
Question : Quelles sont les avantages d’une Autopsie d’une œuvre si on compare le procédé à une analyse classique ?
Une Autopsie d’une œuvre est le moyen de comprendre en profondeur comment une création « se tient », à partir de quels fondements objectifs il est possible de la considérer vivante, ce qui la rend unique et bien réelle ; mais seulement le temps d’une lecture. Ma méthode remet en question l’idée que l’interprétation est au service de la réalité d’une bande dessinée et considère même que cette réalité ne doit pas être dévoyée par les souvenirs et les raisonnements qui cherchent une cohérence à l’extérieur de cette œuvre (c’est-à-dire en tenant compte d’influences passées ou du parcours de l’auteur). Une Autopsie d’une œuvre ne juge pas si une bande dessinée est « bonne » ou « mauvaise », mais se propose de décortiquer méthodiquement ce qui est accessible au moment de la lecture pour en révéler les mécanismes cachés qui permettent à une certaine réalité d’être cohérente et crédible.
Question : Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?
Réponse : Une Autopsie d’une œuvre ne cherche pas à :
- Comprendre les intentions de l’auteur, mais à démontrer comment la cohérence de son œuvre permet d’identifier ses intentions
- Mettre en lumière la structure qui permettrait à l’histoire d’être crédible, mais expliquer comment la structure d’une œuvre est consécutive à son élaboration.
- Découvrir les détails qui peuvent passer inaperçus lors d’une première lecture, mais à se servir d’un esprit libéré du diktat des lectures précédentes pour assister à l’apparition d’une réalité libérée des émotions liées au moment des premières lectures
Réponse : Bien sûr, et le voici...
- Je procède d’abord à un examen général du sujet
- Je mène ensuite une description du projet sans chercher à en déduire le sens et tout en menant un constat objectif de ce qui est montré
- Je procède à des incisions minimalistes et une analyse des organes vitaux (les planches, les cases et les bulles)
- Ensuite à une autopsie du cœur de l’intrigue, de la respiration (scénario et dessins) et du système nerveux (découpage et le rythme)
- Et enfin, une fois l’examen achevé, une fois la lecture au scalpel terminée, il est temps de passer à la conclusion, afin de déterminer la « cause de l’apparition » à partir des données récoltées
Question : La cause de l’apparition ?
Réponse : Eh bien oui... Celle de la bande dessinée que j’aurai lue.
Un entretien avec Jean Dubois
Jean Dubois est l'auteur de la trilogie En finir avec Tintin
Question : Ne pensez-vous pas que tout a déjà été écrit sur Hergé et les aventures de Tintin ?
Réponse : Effectivement, beaucoup de livres paraissent régulièrement sur Hergé… Tous les albums ont été analysés, disséqués, décortiqués, et parfois même sur-interpréter… Mais rassurez-vous… Je ne me serais pas lancé dans cette aventure éditoriale sans munitions… Le premier opus, qui concerne l’album Vol 714 pour Sydney, fait des révélations inédites… Et puis, mon objectif n’est pas de mener une énième analyse universitaire ou érudite des albums de Tintin, mais bien de proposer une réflexion sur la manière dont Hergé s’est laissé déposséder de sa création. Car je suis persuadé qu’un artiste, de surcroît de génie, est très souvent dépassé par ses intuitions.
Question : Au moment de débuter la rédaction de vos essais, quelle était votre motivation ?
Réponse : Je voulais étonner les passionnés de Tintin, mais surtout leur procurer une émotion délivrée de leurs habitudes de lecture. Je voulais proposer des essais différents, en termes de style d’écriture, des livres qui paraissent habituellement sur Hergé. On a dit que le créateur de Tintin était aussi un écrivain, eh bien je souhaite que mes ouvrages assument l’ambition de se placer au même niveau d’exigence que les Aventures de Tintin.
Question : Pourquoi débuter par la publication d’un essai sur l’album Vol 714 pour Sydney, alors que vous parlez d’un triptyque consacré au trois derniers albums achevés de Hergé ?
Réponse : Parce que Vol 714 pour Sydney fait la jonction entre un album célébré et qualifié de chef-d'œuvre (celui des Bijoux) et un album décrié (celui des Picaros). Ce positionnement fait de Vol 714 un album ambiguë, souvent peu compris, qui peut même passer pour raté, mais que, personnellement, je juge passionnant à lire pour encore mieux comprendre Hergé.
Question : Un point de vue que ne partage pas Pierre Assouline… Vous rappelez sur votre site qu’il a écrit, dans la biographie qu’il a consacré à Hergé, que Vol 714 pour Sydney était l’album de trop…
Réponse : Cette affirmation est ridicule, et d’une prétention gênante. Imaginez qu’un critique d’art écrive à propos d’un tableau de Picasso ou d’une symphonie de Mozart : c’est le tableau de trop ou c’est la symphonie de trop. Quand on s’affronte à un artiste de génie, comme l’était Hergé, et que cet artiste décide de créer une œuvre, on ne vient pas lui dire à l’oreille : « Désolé, mon brave, mais ce que vous venez de créer ne sert à rien »…