Pour en finir avec Tintin ?
Si Hergé a conçu son œuvre autour de diptyques célèbres (Le secret de la Licorne & Le trésor de Rackham le Rouge ou Objectif Lune & On a marché sur la Lune), il nous paraît évident que les trois derniers albums de la série sont les trois piliers d’un seul et même projet : En finir avec Tintin...
Des diptyques au triptyque
Après une vie consacrée à son labeur, Hergé décide de faire de son œuvre le moyen de mettre en scène un projet plus ambitieux, même s’il passera plus inaperçu que le ridicule des Dupond et Dupont, la surdité de Tournesol ou les maladresses de Haddock.
Le point de départ du reniement de son héros devenu si encombrant ? L'album Tintin au Tibet. Un album trop rapidement résumé à une banale histoire d'amitié, alors que, déjà, Hergé, nous dévoilait un Tintin moins exemplaire que de coutume.
- Si, dans Les Bijoux de la Castafiore, Hergé ridiculise Tintin et sa propension maladive à faire de son prochain le coupable potentiel de mauvaises actions, dès que son prochain peut lui permettre de ne pas se remettre question…
- Si, dans Vol 714 pour Sydney, Hergé explique à Tintin que le voyage le plus important est celui que doit accomplir la pensée et que toutes ses gesticulations passées à travers le monde ne lui auront pas permis de se rapprocher d’une spiritualité apaisante…
- Et si, dans Tintin et les Picaros, Hergé fait admettre à son héros que les gentils et les méchants sont finalement des êtres interchangeables...
Le projet d'en finir avec sa créature est plus complexe et méritait bien trois ouvrages pour démontrer l'étendue du désastre.
Un survol inédit de Vol 714 pour Sydney
Cet essai ne révèle pas seulement où Hergé a caché le nombre 714 dans son histoire, ni en quoi le personnage du capitaine Haddock est plus tragique que comique, mais démontre le potentiel dramatique d’un album mal-aimé pour une raison simple : parce qu’il n’a pas été compris.
Une analyse ciselée des Bijoux de la Castafiore
Cet essai ne révèle pas seulement comment Hergé a décidé le sacrifice de sa créature grâce au pardon, mais exploite le potentiel philosophique d’un album mythique pour mener la démonstration implacable suivante : il est vain de croire que nos choix révèlent la réalité de nos sentiments.
Un point de vue révolutionnaire sur Tintin et les Picaros
Cet essai ne révèle pas seulement comment Hergé a mis en scène la réalité psychologique de sa créature, mais se propose de faire la jonction entre deux albums que tout semble opposer : Tintin au Tibet et Tintin et les Picaros.
Le projet d'Hergé enfin révélé !
La trilogie de Jean Dubois qui permet de comprendre pourquoi et comment Hergé a organisé le sacrifice de sa créature à partir de Tintin au Tibet.
Vol 714 pour Sydney ?
« Une aventure de plus... Un album de trop... »
Pierre Assouline
Voilà qui donne envie de démontrer à ce monsieur, membre de l’Académie Goncourt, qu’il se trompe, et que cet album de Hergé n’est pas de trop, car il aurait été tout aussi ridicule de dire à Picasso, qui n’a pas fait que des chefs-d'œuvre : « Désolé, mon brave, mais, sans vouloir vous vexer, vous pensez pas que votre dernière création elle est pas un peu de trop ? Je veux dire, pas au niveau de ce que vous savez faire... Hein ? »
L’autopsie de L’Affaire Tournesol
La première autopsie d’un album des Aventures de Tintin qui démontre :
- Le drame intime du capitaine Haddock
- Les contradictions de Tournesol
- Le projet philosophique d'Hergé
Les Aventures de Milou et Tintin
On ne finira jamais de démontrer que l’œuvre d'Hergé n’a pas délivré tout son potentiel (vous remarquerez que l’on ne parle pas de livrer tous ses secrets...), non pas parce que certains exégètes se comportent tels des visiteurs d’un musée dont ils pensent connaître tous les recoins, mais parce que l’on ne prend pas assez souvent le risque de réfléchir bêtement.
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