
Tintin et les Picaros
La véritable révolution des Picaros ?
En finir avec la dictature du héros !
Un essai révolutionnaire !
Si Hergé a conçu son œuvre autour de diptyques célèbres (Le secret de la Licorne & Le trésor de Rackham le Rouge ou Objectif Lune & On a marché sur la Lune), il nous paraît évident que les trois derniers albums de la série sont les trois piliers d’un seul et même projet, que nous pourrions intituler
En finir avec Tintin...
La véritable révolution des Picaros vous propose de découvrir la méthode employée par Hergé pour déboulonner la statue de son héros si parfait, comprendre le sens réel de la « Madeleine de Proust » et devenir vraiment intime avec Arthur Schopenhauer grâce à Tintin... Mais ce n’est pas tout ! Le clou du spectacle de ce dernier tome de légende fera de l’album des Picaros la clé de l’énigme : celle qui vous permettra de relire Tintin au Tibet comme vous ne l’avez jamais lu...

Pourquoi défendre une révolution mal-aimée ?
L’essai La véritable révolution des Picaros se propose d'aborder cet album rapidement critiqué, et finalement peu commenté, à partir d'un angle de réflexion inédit... L’objectif est de révéler le véritable enjeu de l’album Tintin et les Picaros, pas nécessairement celui qui a permis à Hergé de faire des Dupond et Dupont les héros de la dernière aventure de Tintin, mais celui qui va métamorphoser Tintin, en faire un être machiavélique et sans remords (à la condition de savoir interpréter l’aventure des « Picaros » à l’aune de celle du « Tibet »)...
Amorcée au moment de l’album charnière Tintin au Tibet, le sacrifice (ou la métamorphose) du héros à la houppette est en marche au moment des Bijoux de la Castafiore et s’achève, à contrario de Vol 714 pour Sydney, dans un avion ; à l'issue d'une révolution folklorique et sans condamnation à mort.
Alors ! Ces Picaros, encore un album pour rien, après celui de Vol 714 pour Sydney ? Ce b’est bien sûr par l’avis de Jean Dubois qui propose même de se servir de Tintin et les Picaros pour enfin comprendre le véritable projet philosophique de l'album du « Tibet »...
Tintin et les pires carosses
Tintin et les Picaros est sûrement l’album d'Hergé le plus honni de toute son œuvre. On lui reproche pêle-mêle : les nouveaux pantalons de Tintin, des héros désabusés, un dessin moins précis, des cases que s’accaparent des figures imposantes et non plus des décors pointilleux, une histoire banale et une fin qui prend le parti du « tous pourris » (on est loin, en effet, des albums où Tintin incarnait le redresseur des torts et sauvait des innocents par pelletée).
Certains commentateurs de l’œuvre d'Hergé considèrent que si Tintin et les Picaros avait servi à quelque chose, alors Hergé ne se serait pas engagé dans l’écriture d’un énième album (celui de l’Alph-Art). D’autres, disent que si « les Picaros » ont été mis en chantier, c’était avant tout pour occuper les collaborateurs des Studios Hergé qui, entre deux dessins pour une publicité ou quelques retouches apportées aux albums du passé, s’ennuyaient quand même beaucoup.
Chez 7SANS14, nous pensons que Tintin et les Picaros a toute sa place dans la chronologie de l’œuvre de Hergé, car cet album permet de dévoiler tout ce qui est passé inaperçu dans Tintin au Tibet…
En guise de promesse..
Relire les albums conçus par Hergé, après celui qui lui a permis de mieux vivre avec ses névroses (Tintin au Tibet), en s’accordant une liberté totale d’interprétation, et en négligeant tout ce qui a déjà été dit et écrit, c’est se donner le droit et la possibilité de se rapprocher du privilège que les créateurs, qu’ils soient littéraires, mélomanes, statuaires ou picturaux, espèrent vivre un jour de leur vie : celui qui fait de l’initiateur d’une création le spectateur de son propre travail, ou plus précisément, lorsque le produit de la pensée acquiert une telle autonomie qu’il devient évident que l’artiste est le jouet de son œuvre.
Deux formats au choix !
Si nous avions convoqué brièvement Carl Jung dans le premier opus de la collection En finir avec Tintin ?, ainsi que quelques banalités psychanalytiques, pour justifier la métaphore finale de l’album Vol 714 pour Sydney, nous avons été obligés de nous passer de toute référence de cet ordre pour continuer de mieux admettre l’évidence du génie de Hergé.
Des diptyques au triptyque
Si Hergé a souvent élaboré son œuvre autour de diptyques célèbres (Le secret de la Licorne & Le trésor de Rackham le Rouge ou Objectif Lune & On a marché sur la Lune), il nous paraît évident que les trois derniers albums de la série sont les trois piliers d’un seul et même projet, que nous pourrions intituler ainsi : En finir avec Tintin ?.
Ainsi, dans Les Bijoux de la Castafiore, Hergé ridiculise Tintin et sa propension maladive de faire de son prochain le coupable potentiel de mauvaises actions, dès que son prochain peut lui permettre de ne pas se remettre question… Dans Vol 714 pour Sydney, Hergé explique à Tintin que le voyage le plus important est celui que doit accomplir la pensée et que toutes ses gesticulations passées à travers le monde ne lui auront pas permis de se rapprocher d’une spiritualité apaisante… Et dans Tintin et les Picaros, Hergé fait admettre à son héros que les gentils et les méchants sont finalement des êtres interchangeables, mais surtout, il fait de sa créature un personnage peu recommandable...
Tintin philosophe !
Si l’album Tintin et les Picaros reste le socle d’une trilogie outrancière, il est impossible de comprendre la fin programmée de Tintin, son sacrifice psychanalytique, le piétinement de sa perfection, la mise en scène de ses ambiguïtés, sans, au préalable, avoir appréhendé le véritable enjeu de Tintin au Tibet. Cet album mythifié du vivant de Hergé signe magistralement, et en toute discrétion, le début de la fin de Tintin. Cette tentative, indigne du génie de Hergé, de thérapie par le dessin, méritait donc bien d’être commentée à l’aune de l’improbable révolution des Picaros, afin de nous donner les moyens de comprendre que le projet ultime, du créateur de Tintin, était avant tout philosophique.