Tintin en Amérique : plus fort qu’Al Capone !

Après avoir affronté les Soviets et exploré le Congo, Tintin traverse l'Atlantique et arrive à Chicago en pleine période de la Prohibition. Sa réputation de reporter ayant déjà fait le tour du monde, les syndicats du crime (notamment les bandits associés à Al Capone) lui réservent un accueil des plus hostiles dès sa descente du train.

L'album suit Tintin dans sa lutte contre le crime organisé, le menant de la jungle urbaine de Chicago aux vastes plaines de l'Ouest américain. Encore pas tout à fait délester des ses à priori à l’humanisme peu rigoureux, Hergé fait des indiens des êtres encombrants et hostiles au modernisme prôné par la race blanche.

Contexte de la parution de Tintin au Congo

Hergé utilise l'album Tintin en Amérique pour porter un regard critique sur la société américaine de l’époque, sans toutefois connaître de l’intérieur ce pays plus complexe que la Belgique...

  • La corruption et la violence : Al Capone est le seul personnage réel à apparaître sous son propre nom dans les Aventures de Tintin. En mettant en scène cette figure mythique du grand banditisme, Hergé ridiculise l'impuissance de la police et fait de son héros un justicier efficace mais peu crédible. 

  • Le sort des Amérindiens : Si Hergé semble témoigner d’une approche compréhensive à l’égard des indiens, en stigmatisant l'attitude dominatrice des Blancs, il ne peut s’empêcher de tomber dans certains clichés : tels que la férocité des « Peaux-Rouges » qui ressemblent en tout point aux indiens des westerns. Si les indiens occupent peu de place dans cette histoire, Hergé nous propose une vision de l’Amérique peu charitable : celle d'un pays corrompu, raciste et gangrené par la pègre...

  • Le capitalisme sauvage : Après avoir « dénoncé » le communisme au main des soviets, Hergé dénonce le capitalisme effréné à travers les usines de fabrication de conserves ou les « villes champignons » qui sortent de terre en quelques heures. Hergé évoque sans détour les authentiques usines Swift & Cie de Chicago qui était spécialisée dans la production industrielle de viande transformée.

Revisitez l’album Tintin et les Picaros de Hergé et découvrez un point de vue révolutionnaire sur le dernier album d'Hergé.

ISBN9798294460822 - 163 pages

Édition poche : 13x0.80x21 cm / 200 g (couverture souple).

Édition luxe et collector : ‎15.5x1.10x23 cm / 220 g (couverture cartonnée).

Tintin en Amérique en quelques mots

 

  • Sortie originale : Publié initialement en 1932 en noir et blanc dans Le Petit Vingtième, Tintin en Amérique est la dernière aventure de Tintin publiée dans cet illustré destiné à la jeunesse.

  • Mise en couleur : Comme beaucoup de ses premiers albums, Hergé a entièrement remanié et mis en couleur Tintin en Amérique en 1945. Cette version moderne a permis d'améliorer considérablement la narration et la fluidité des séquences, mais sans modifier une histoire un peu simplette et encore influencée par trop de successions de gags.

  • Dessin : Si le dessin d'Hergé semble particulièrement influencé par le cinéma, notamment dans le cadrage de certaines cases, on est loin des canons de ce que l’on nommera en 1977 : La Ligne Claire.
  • Valeur : La couverture originale de 1932 (peinte à l'encre de Chine et gouache) est devenue l'une des œuvres de bande dessinée les plus chères au monde lors de ventes aux enchères.

 

7SANS14 vous propose une relecture en un seul volume de la trilogie composée des 3 essais de Jean Dubois, complétée de considérations qui complètent et précisent certains points de vue.

Les textes de chaque essai et l’organisation des chapitres ont été remaniés pour favoriser une lecture indépendante de la chronologie de parution des albums. L'ouvrage reprend les principales thèses évoquées dans la trilogie de référence, les complète et permet de mettre en valeur et de clarifier certains points de vue de l’auteur, tels que :

  • La volonté d’Hergé de sacrifier sa créature à partir de Tintin au Tibet
  • Le comportement suicidaire et les troubles mentaux d'Haddock
  • La portée philosophique de l’œuvre d'Hergé 

Édition grand format et couverture caronnée : ‎15.5x1.10x23 cm / 450 g (couverture rigide). ISBN9798274604109 - 200 pages

Mea culpa d'Hergé

« J’ai raté mon Tintin en Amérique », admettra Hergé au début des 60, envisageant même de renvoyer son héros aux Etats-Unis pour se faire pardonner le propos initial si simpliste. Finalement, Hergé préférera faire voyager Tintin au Tibet et il partira visiter New-York en 1972, à l’occasion d’un Congrès mettant à l’honneur la bande dessinée.

Lors de ce Congrès de la bande dessinée de 1972, Hergé en profitera pour rendre visite des descendants d’Indiens ; une rencontre organisée par le père Gall (moine et Sioux d’adoption), que le créateur de Tintin avait connu en 1957, au moment d'une recherche documentaire destinée à débuter une histoire qui placerait « mon petit bonhomme dans le décor d’une réserve de Peaux-Rouges. Il y serait aux prises avec des businessmen qui auraient (par exemple) découvert du pétrole sur le territoire des Indiens… ». Il est amusant de constater qu’Hergé avait pensé renvoyer Tintin en Amérique, sans pour cela proposer un récit révolutionnaire (projet qui n’aboutira pas, au profit de l’aventure au Tibet). En 1957, le père Gall avait répondu à Hergé une longue lettre en évoquant les relations historiques et contemporains entre les Peaux-Rouges et le gouvernement américain. Hergé avait débuté son travail en mettant en scène un indien retrouvé blessé à Moulinsart et un moine baptisé Bison Noir (allusion au père Gall), avant de cesser de travailler sur ce projet et de passer des Peaux-Rouges aux poils noirs du yéti...

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