L'histoire troublante de Marie Durand est propice à des réflexions « de notre temps », même si son calvaire (restez enfermée pendant 38 ans en raison de sa foi protestante) peut paraître d’un « autre temps ».
Si l’histoire de Marie Durand se déroule entre le Vivarais et Aigues-Mortes, au XVIIIᵉ siècle et au moment de la persécution des protestants de France, son calvaire et son combat restent plus que jamais d’actualité : lutter pour sa liberté de conscience.
En cette année 2026 et quelque mois avant La journée mondiale des Femmes prévue en mars 2027, un livre se propose de revisiter le mythe incarné par Marie Durand.
Qui est Marie Durand et pourquoi a-t-elle été emprisonnée ?
Une jeunesse marquée par la foi et la clandestinité
Née dans le Vivarais au début du XVIIIᵉ siècle, Marie Durand grandit dans une famille protestante pacifiste. Le père, Greffier Consulaire, a fait baptiser ses deux enfants (Marie et Pierre) à l’Eglise catholique, mais dans l’ombre de la Révocation de l'Édit de Nantes et des secrets famille, les Durand lisent la Bible et sont fidèles aux préceptes enseignés par les pasteurs protestants.
Le destin de la jeune Marie Durand bascule par trois fois :
- Lors de l'arrestation de sa mère, Claudine Gamonet (Marie est âgée de 8 ans).
- Lors de l’arrestation de son père dans le but d’inciter son fils Pierre, pasteur du Désert, à se rendre
- Lors de son arrestation, deux ans avant celle de son frère Pierre. (Marie est âgée de 19 ans au moment de son emprisonnement à la Tour de Constance d’Aigues Mortes).
38 ans de captivité : la résistance au quotidien
Le fameux mot « REGISTER » (Résister)
C'est sur la margelle du puits situé au centre de la salle de la tour de Constance que fut gravé le célèbre mot REGISTER (résister). Attribué à la détermination de Marie Durand et ses 38 années de captivité, ce mot est devenu le symbole de la détermination de ces femmes d’exception (Marie Durand n’étant pas la prisonnière qui sera restée le plus longtemps enfermée).
Un exemple pour les prisonnières d'Aigues-Mortes
Comme beaucoup de protestants de son temps, Marie Durand sait lire et écrire. C’est ainsi qu’elle deviendra la voix épistolaires de ses compagnes de calvaire en entretenant une abondante correspondance destinée à améliorer le quotidien des prisonnières et donner des nouvelles aux familles. C’est en s’appuyant sur ces nombreuses lettres que le roman Ma Constance - ou le dessein secret de Marie Durand donne à voir, à partir d’un point de vue inédit, le combat moral et pacifiste d'une femme digne et fière de ses convictions.
La libération et l'héritage d'une héroïne de la liberté
Libérée en 1768 après 38 années d'enfermement, Marie Durand retrouve une maison de famille en ruine, des dettes dont elle n’est pas responsable et une nièce plus avide qu’espérée. Nonobstant la durée de sa détention, l'histoire de Marie Durand n’est en rien le simple récit d'une captivité ordinaire (ce que pourrait laisser entrevoir la lecture de sa correspondance). En s’intéressant plus volontiers à ses non-dits et à quelques pans peu connus de sa biographie, il est ainsi possible d’approcher au plus près de l’intimité spirituelle de cette femme dont le combat peut constituer un exemple de résistance face aux diktats sociaux, moraux et politiques dont notre société contemporaine n’est pas avare. L'histoire de Marie Durand résonne encore aujourd'hui comme un symbole universel de liberté de conscience. »
Redécouvrez l'histoire de Marie Durand
Pourquoi lire Ma Constance ou le dessein secret de Marie Durand ? Parce que loin d'une simple biographie ou d’un rappel des faits, cet ouvrage plonge au cœur même des pensées de Marie Durand et de tout ce qui se trame dans le secret d’une pensée qui résiste.
Si la destinée de Marie Durand est connue, si ses trente-huit années d’enfermement ont fait de sa personne l’archétype de l’obstination, de la résistance et donc de la constance ; il restait à résoudre cette dernière énigme : quel fut le véritable dessein de cette victime de la folie des hommes et de cette huguenote cévenole qui aurait gravé le si célèbre « RESISTER » sur la margelle du puits de sa prison ?
Ma Constance ou le dessein secret de Marie Durand n'est pas une chronique de captivité. Ce n’est pas non plus l’évocation larmoyante des faits et des gestes d’une femme emprisonnée et de ses bourreaux. Ce roman n’est pas non plus un récit intime, un carnet secret ou une complainte revue et corrigée à partir de documents officiels ou d’archives inédites.
Ma Constance ou le dessein secret de Marie Durand est un monologue émouvant et outrancier. Une pérégrination dans des pensées qui méritaient d’être exprimées pour mener un périple au-delà des apparences et des clichés. Un texte charnel et subjectif écrit à partir de cette conviction : la grandeur d’âme exige un potentiel infinie au pardon dans toute sa splendeur.
Ajouter un commentaire
Commentaires